Cannes Megabass Cookai French Limited CK 76 MH+C : test de la canne casting de la célèbre marque Japonaise
Dans notre guide des cannes pour le chatterbait, on recommandait trois paliers de budget : entrée de gamme autour de…
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""Un chatterbait pour les brochets européens, particulièrement efficace sur les zones herbeuses""
VOIR L'OFFRE ➡️Dans le monde du chatterbait, il y a les vétérans américains — Z-Man (JackHammer), Strike King — et les grandes maisons japonaises qui collaborent avec eux. Et puis il y a les outsiders européens qui arrivent avec un regard neuf sur un concept né outre-Atlantique.
Le Nays WRRR est de cette catégorie. Sorti en 2024 de l’atelier berlinois de Nays, ce chatterbait ne se contente pas de copier les classiques américains en rajoutant un packaging tendance. Il remet en question des éléments de conception que personne n’avait touchés depuis l’invention du bladed jig : la façon dont la blade s’attache, la façon dont le trailer se fixe, et la philosophie même de l’hameçon. Pour un leurre vendu 13€, c’est ambitieux.
Avant de parler du WRRR, il faut comprendre d’où il vient.
Nays a été fondée en 2019 à Berlin par Dustin Schöne et Marcel Mandry. Dustin n’est pas un designer qui a découvert la pêche sur Pinterest. C’est un compétiteur de haut niveau, champion du YouTube Predator Cup et vainqueur du World Predator Classic avec son partenaire Johannes Dietel. Le gars sait ce qu’il faut pour prendre des carnassiers en situation de compétition, sur des eaux européennes, contre d’autres experts.
La marque a démarré avec le BLD RNNR, un jigspinner qui a rapidement trouvé son public grâce à un design soigné et des performances solides. Depuis, Nays a développé une gamme complète, leurres souples (le VNM est devenu un classique pour le sandre), poissons nageurs, spinnerbaits (MZ RNNR), et maintenant le WRRR.
Ce qui différencie Nays des dizaines de petites marques qui apparaissent chaque année dans la pêche aux carnassiers, c’est une obsession pour le design industriel. Pas le design au sens « joli emballage », mais au sens ingénierie : chaque composant est repensé en fonction de sa fonction réelle au bord de l’eau. Le WRRR est l’illustration parfaite de cette approche.

Et avec 98 000 abonnés sur Instagram et une communauté européenne qui grandit, Nays n’est plus un outsider confidentiel, c’est une marque qui compte dans le paysage des carnassiers en Europe. Fish & Ship (Sylvain LEGENDRE) a d’ailleurs été parmi les premiers à distribuer la marque en France, suivi par Des Poissons Si Grands, Leurre-de-la-Pêche, Action Pêche, Pacific Pêche et d’autres.
C’est LA feature du WRRR, et celle qui le distingue de tous les chatterbaits du marché.
Sur un chatterbait classique, JackHammer, Strike King, Sakura Cajun, la blade est montée via un split ring ou une agrafe. Ton bas de ligne vient se nouer ou s’agrafer à cette agrafe ou au split ring, qui est lui-même relié à la blade. C’est le standard depuis l’invention du chatterbait par Z-Man.
Le WRRR fait les choses différemment. La blade porte un anneau soudé intégré. Pas un split ring ajouté après coup. Un anneau solide, soudé directement sur la palette métallique. Ton agrafe ou ton nœud vient se fixer sur cet anneau.
Trois conséquences directes que les pêcheurs de chatterbait en zone encombrée vont apprécier :
Moins d’herbe ramassée. C’est le problème n°1 du chatterbait en eaux européennes riches en végétation, les canaux hollandais, les lacs de plaine, les rivières lentes. La blade vibre, la palette oscille, et à chaque passage dans les herbiers, des brins d’herbe se coincent entre la blade et le split ring ou l’agrafe. Avec l’anneau soudé, il n’y a plus cet interstice piégeur. L’herbe glisse.
L’herbe s’enlève facilement. Quand de la végétation s’accroche malgré tout, un simple coup de scion suffit à la décrocher. Pas besoin de récupérer le leurre et de nettoyer à la main à chaque lancer. Sur une session de 4 heures au bord d’un canal chargé en élodées, c’est des dizaines de lancers productifs gagnés.
L’attache est plus propre. Tu peux nouer ton fluorocarbone directement à l’anneau avec un nœud Rapala ou un nœud agrafe, ou clipser ton agrafe classique. Dans les deux cas, la connexion est plus directe et plus solide qu’un split ring qui peut s’ouvrir sous tension.
C’est une innovation simple, mais c’est précisément le genre de détail que les marques américaines n’ont jamais eu besoin de résoudre. En Floride ou au Texas, les herbiers sont différents, la pression végétale est moindre sur certains spots, et les conditions ne poussent pas à repenser ce point d’attache. En Europe, quand tu pêches un polder hollandais en juillet avec 80 cm d’eau et un tapis d’herbiers, c’est le problème qui te fait ranger ton chatterbait au fond de la boîte. L’anneau soudé du WRRR est la réponse.
Deuxième innovation majeure du WRRR : le système de fixation du trailer.
Sur un chatterbait classique, le trailer (le leurre souple monté à l’arrière) est enfilé sur la hampe de l’hameçon et maintenu par un baitkeeper, une petite barbe métallique ou un double fil de fer. Le trailer est donc embroché sur l’hameçon lui-même.
Le problème ? L’hameçon traverse le trailer. Au ferrage, la pointe doit d’abord percer le plastique du trailer avant de trouver la gueule du poisson. C’est une fraction de seconde de délai et de résistance supplémentaire. Et après quelques poissons, le trou dans le trailer s’agrandit, le leurre souple glisse, se décentre, et fausse la nage.
Le WRRR reprend le système de spirale (screw) que Nays avait déjà testé avec succès sur le spinnerbait MZ RNNR. Une vis en tire-bouchon est positionnée sous l’hameçon, indépendante de celui-ci. Le trailer se visse sur la spirale. Résultat :
L’hameçon est parfaitement dégagé. La pointe et l’ouverture de l’hameçon BKK ne sont pas obstruées par du plastique souple. Au ferrage, la pointe pénètre directement dans la gueule du carnassier. C’est le même principe que le montage texan avec screw lock sur un offset — l’hameçon travaille sans entrave.
Le trailer est plus mobile. Monté sur la spirale sous l’hameçon, le leurre souple conserve une liberté de mouvement maximale. La queue d’un shad ou les pinces d’une craw bougent sans être contraintes par la hampe de l’hameçon. L’action du trailer est plus naturelle.
Le trailer dure plus longtemps. La spirale grip le plastique sans le déchirer. Après 10 ou 20 poissons, le trailer tient encore. Sur un baitkeeper classique, le trou s’élargit et le trailer part au troisième brochet.
Nays a fait le choix de la marque BKK pour équiper le WRRR. Pas un hameçon générique chinois sans nom. BKK est reconnu dans le milieu de la pêche aux leurres pour la qualité de son acier, son piquant et sa résistance à l’ouverture sous pression.
Le modèle utilisé est le Super Slide, un hameçon à tige lisse conçu pour ne pas entraver le mouvement du trailer sur la hampe. Le choix de taille est adapté à chaque modèle :
Taille S : hameçon n°1. Compact, adapté à la perche, la truite, le chevesne. Assez fin pour ne pas freiner l’action d’un petit trailer 3,5 cm.
Taille M : hameçon n°1/0. Le polyvalent. Black-bass, perche XL, brochet moyen. L’ouverture du 1/0 est suffisante pour piquer correctement des poissons jusqu’à 70-80 cm.
Taille L : hameçon n°3/0. Le format brochet. Assez costaud pour tenir un esox de 90 cm+ dans les herbiers. C’est la taille qui se rapproche du Gamakatsu Heavy Wire du JackHammer.
Le WRRR existe en 3 tailles (S, M, L), chacune avec plusieurs grammages et sa propre taille de palette. C’est la gamme la plus complète du marché européen des chatterbaits, 8 grammages au total, là où la plupart des concurrents en proposent 2 à 4.
Le WRRR S est le format finesse. Avec 7 ou 10 grammes, une petite palette et un hameçon n°1, c’est un chatterbait de poche taillé pour les micro-prédateurs et les eaux serrées.
Le 7g est une arme redoutable en canal étroit, en petit ruisseau ou sur les postes de berge peu profonds. Avec un trailer Nays NDL 35 ou un petit grub 3″, tu obtiens une silhouette de 8-9 cm parfaite pour la perche, la truite et le chevesne. C’est un grammage qu’on ne trouve quasiment nulle part ailleurs dans le monde du chatterbait, le JackHammer démarre à 3/8 oz (10,6g), le Crazy Crusher démarrait à 7g aussi mais n’est plus produit.
Le 10g est le modèle polyvalent de la gamme S. Assez de poids pour se lancer correctement en spinning, assez léger pour rester haut dans la colonne d’eau. Sur un canal hollandais en été avec 1 mètre d’eau, le 10g S prospère.
Trailers recommandés : Nays NDL 35, Nays SPLT 35, Nays RVN 40. En alternative : One Up Shad 3″, Keitech Easy Shiner 3″, ou n’importe quel petit shad ou grub de 3 à 4 pouces.
Le WRRR M est le cœur de gamme. Hameçon 1/0, palette de taille intermédiaire, et surtout trois grammages qui couvrent un large spectre de conditions.
Le 10g M diffère du 10g S par la taille de la palette (plus grande sur le M) et l’hameçon (1/0 vs n°1). Le profil global est donc plus imposant à poids égal. C’est le choix quand tu veux les vibrations d’une palette moyenne avec un poids léger.
Le 14g M est probablement le modèle le plus vendu de la gamme. C’est l’équivalent du 1/2 oz américain, le grammage polyvalent par excellence. Assez de poids pour se lancer loin en casting, assez léger pour nager entre 1 et 2 mètres de profondeur sans racler le fond. Pour le black-bass en lac français ou le brochet de bordure, c’est le premier achat.
Le 18g M ajoute de la masse pour les jours de vent, les lancers longue distance depuis le bord, ou les eaux un peu plus profondes. Combiné à un trailer volumineux type Nays SPLT 45, c’est un ensemble qui émet beaucoup de signaux, vibrations, flashs, déplacement d’eau.
Trailers recommandés : Nays NDL 43, Nays SPLT 45, Nays RVN 50. En alternative : Sawamura One Up Shad 4″, Keitech Easy Shiner 4″, ou un craw de 4 pouces.
Le WRRR L est le modèle carnassier lourd. Hameçon 3/0, grande palette, et trois grammages qui montent jusqu’à 21g, un poids que le JackHammer ne propose même pas (son maximum est 1-1/4 oz soit ~35g, mais c’est un modèle rare et introuvable en Europe).
Le 14g L a le même poids que le 14g M mais avec une palette plus grande et un hameçon 3/0. Plus de vibrations, plus de volume, plus de présence. C’est le choix pour le brochet en eau peu profonde quand tu veux un profil imposant sans trop de poids.
Le 18g L est le polyvalent « gros poissons ». Assez lourd pour bien se lancer, assez massif pour intéresser un brochet qui ignore les petites bouchées. Avec un Nays SPLT 60 ou un NDL 50 en trailer, l’ensemble fait 15-18 cm de silhouette, pile la taille d’un gardon ou d’un petit rotengle.
Le 21g L est le plus lourd de la gamme. C’est le modèle pour les jours difficiles, vent, courant, eaux profondes, lancers longs. 21 grammes permettent de pêcher confortablement à 2-3 mètres de profondeur en récupération lente, là où les modèles plus légers remontent trop vite. En automne, quand les brochets quittent les bordures pour les cassures, c’est l’arme adaptée.

Trailers recommandés : Nays NDL 50, Nays SPLT 60, Nays RVN 60. En alternative : One Up Shad 5″, Illex Magic Slim Shad 5″, Sawamura LJ Flat 5.5″, ou un gros finesse shad de 5 à 6 pouces.
Comme le Blade Blaster d’Illex, le WRRR est 100% sans plomb. C’est une constante chez Nays, la marque positionne l’éco-responsabilité comme un pilier de son identité, pas comme un argument marketing de circonstance.
Les avantages sont les mêmes que pour tout leurre sans plomb : conformité anticipée avec les réglementations européennes qui se resserrent, moindre impact environnemental en cas de perte, et possibilité de pêcher dans les zones protégées où le plomb est déjà interdit.
Le compromis aussi est le même : l’alliage utilisé (vraisemblablement zinc ou étain) est moins dense que le plomb. À poids égal, la tête est légèrement plus volumineuse. En pratique, l’effet est minimal sur les grammages proposés, on n’est pas dans le domaine des micro-leurres finesse où chaque millimètre de profil compte.
Le WRRR est disponible en 8 coloris sur l’ensemble de la gamme. C’est plus que ce que proposent la plupart des chatterbaits européens (le Blade Blaster d’Illex en a moins), mais loin des 22 patterns du JackHammer.
Nays a fait un choix radical : pas de fire tiger criard, pas de chartreuse flashy. Les coloris sont dans la lignée du design Nays, épurés, réalistes, avec les yeux Pro Tackle caractéristiques de la marque qui donnent une touche de personnalité sans tomber dans le gadget.
Pour la pêche européenne, voici comment aborder la sélection :
Naturel/translucide pour les eaux claires — canaux limpides, lacs de montagne, rivières de première catégorie. La perche et la truite répondent bien aux teintes discrètes qui imitent un alevin ou un petit poisson fourrage.
Sombre/contrasté pour les eaux teintées — canaux de plaine après la pluie, rivières chargées, étangs tanniques. Le brochet détecte les silhouettes à fort contraste avant tout autre signal. Un coloris sombre avec un ventre clair offre ce contraste vu du dessous.
Couleur vive si disponible dans la gamme pour les conditions de faible visibilité — eau trouble, profondeur, crépuscule. C’est le seul point où la gamme Nays pourrait être plus agressive — un chartreuse pur ou un blanc nacré manquent pour couvrir les situations extrêmes.
Nays communique sur trois animations principales pour le WRRR — et c’est exactement les trois piliers de la pêche au chatterbait, quel que soit le modèle.
Lance, laisse couler 1-2 secondes, récupère à vitesse constante. La blade entre en vibration, la jupe pulse, le trailer ondule. C’est l’animation n°1 du chatterbait dans le monde entier, celle qui couvre le plus de terrain et qui trouve les poissons actifs.
Le réglage crucial est la vitesse de récupération. Trop lente, la blade cesse de vibrer. Trop rapide, le leurre remonte en surface. Le sweet spot se trouve quand tu sens la vibration transmise dans ta canne de façon régulière et constante. Avec le WRRR, qui démarre ses vibrations dès les premiers tours de manivelle selon les retours utilisateurs sur HechtundBarsch.de, ce réglage est intuitif.
Astuce : les pêcheurs allemands sur HechtundBarsch le confirment — le WRRR commence à travailler même à très basse vitesse de récupération. C’est un atout pour la pêche en eau froide où les carnassiers ne veulent pas chasser un leurre rapide.
Récupère 3-4 tours, arrête net. Le WRRR coule, la jupe se déploie comme un parachute, le trailer plane derrière. Reprends la récupération. L’attaque se produit soit à l’arrêt (la chute), soit au redémarrage — ces deux phases de transition sont les plus productives de toute la pêche au chatterbait.
Le stop & go est LA technique pour les lisières d’herbiers. Tu ramènes le long de la végétation, tu stoppes dans une trouée, le leurre descend dans la fenêtre libre, et le brochet embusqué dans les tiges frappe.
Avec la gamme de grammages du WRRR (7 à 21g), tu peux calibrer précisément la vitesse de chute et la profondeur à chaque arrêt. Un 7g S coule lentement et reste haut, parfait pour les herbiers qui affleurent. Un 21g L plonge vite dans les trous profonds entre les touffes d’herbiers.
C’est l’animation la plus méconnue du chatterbait en France, et Nays la met en avant à juste titre. Le WRRR se prête au jigging — animation verticale ou quasi-verticale avec des tirées de scion suivies de chutes contrôlées.
En pratique, c’est redoutable du bateau ou du float tube, au-dessus des cassures ou des structures verticales (piles de pont, quais, arbres immergés). Tu descends le WRRR à la verticale, tu l’animes par petites tirées, la blade vibre à chaque impulsion. Les perches qui stationnent sur les structures le tapent en phase de chute.
C’est une technique que peu de gens associent au chatterbait — et c’est dommage, parce qu’elle ouvre des situations inaccessibles à la récupération horizontale classique.
Comme tout chatterbait, le WRRR se pêche idéalement avec une canne Medium à Medium-Heavy, action Regular-Fast, entre 6’8″ et 7’3″.
Pour la gamme S (7-10g), une canne Medium spinning en 6’8″-7′ fait le travail. C’est le format perche/truite.
Pour la gamme M (10-18g), une canne MH casting en 7′-7’2″ est le standard. C’est le format bass/brochet polyvalent.
Pour la gamme L (14-21g), une canne MH à Heavy casting en 7′-7’3″ offre le backbone nécessaire pour ferrer dans la gueule d’un gros brochet et le sortir des herbiers.
La règle absolue pour le chatterbait : pas trop raide. L’action Regular-Fast absorbe les vibrations de la blade et amortit les attaques réflexes. Une canne Extra-Fast transmet trop de vibrations dans le bras (fatigue) et ne pardonne pas les mouvements brusques du poisson au ferrage — d’où les décrochés.
Casting ou spinning selon le grammage. Ratio 6.3:1 à 7.3:1. Le 6.3 pour les récupérations lentes et le jigging, le 7.3 pour la prospection rapide et le stop & go nerveux.
Tresse 15-20 lb + fluoro 25 lb pour la perche et le bass (gamme S et M). Le fluoro en bas de ligne apporte la discrétion dans les eaux claires et absorbe les chocs.
Tresse 30-40 lb + avançon titane ou acier souple pour le brochet (gamme L et M lourd). L’avançon est non négociable pour le brochet — les attaques latérales sur un chatterbait exposent la tresse directement aux dents.
Comparer le WRRR au JackHammer, c’est comparer deux visions du chatterbait. L’une américaine, née des tournois pro et de la quête obsessionnelle de la nage parfaite. L’autre européenne, née du terrain et de la volonté de résoudre des problèmes concrets.
Ce que le JackHammer fait mieux. La nage erratique side-to-side est inégalée, la combinaison tête plate à centre de gravité bas + blade hexagonale fine produit un mouvement que le WRRR, avec sa tête plus classique, ne peut pas reproduire. Le startup speed du JackHammer est documenté comme instantané, blade en action dès 15 cm de récupération. Les jupes sont nouées main avec des patterns coordonnés blade-tête-jupe d’une finition irréprochable. Et le palmarès en tournoi pro (des millions de dollars gagnés) parle de lui-même.
Ce que le WRRR fait mieux. La gestion des herbiers, l’anneau soudé réduit considérablement l’accumulation de végétation, là où le JackHammer ramasse autant qu’un autre chatterbait. La fixation du trailer, la spirale du WRRR libère l’hameçon et prolonge la durée de vie du leurre souple, alors que le baitkeeper du JackHammer traverse le trailer. La gamme, 8 grammages en 3 tailles contre 4 poids chez Z-Man, et surtout un format S à 7g pour la perche que le JackHammer ne propose pas (le MiniMax existe mais c’est un autre concept). Et le prix : 13€ vs 17€ 👉 40% de plus.
Ce que le WRRR fait différemment. La philosophie. Le JackHammer est un leurre de compétition bass conçu pour déclencher des attaques de réaction sur des poissons éduqués. Le WRRR est un outil de prospection polyvalent conçu pour fonctionner dans les conditions européennes, herbiers denses, espèces multiples (perche, bass, brochet, sandre), eaux variées.
Les deux leurres partagent un ADN commun, conçus en Europe, sans plomb, pensés pour nos carnassiers. Mais les approches divergent.
Le Blade Blaster mise sur la pénétration des obstacles grâce à sa tête de swim-jig héritée du Jungle Blaster. C’est un hybride swim-jig/chatterbait qui excelle dans les herbiers denses et les bois morts. Son œillet ventral modulable est unique sur le marché.

Le WRRR mise sur la gestion de l’herbe collectée grâce à l’anneau soudé et sur la polyvalence grâce à sa gamme étendue. Il ne prétend pas traverser les herbiers aussi bien qu’un swim-jig, mais il promet de rester propre plus longtemps en zone végétalisée.
En pratique, les deux leurres se complètent plus qu’ils ne se concurrencent. Le Blade Blaster est l’arme quand tu dois pêcher dans les herbiers, traverser un tapis de nénuphars, longer un mur de roseaux. Le WRRR est l’arme quand tu pêches en bordure des herbiers, le long des lisières, dans les trouées, au-dessus de la végétation.
Le Blade Blaster est limité à 2 grammages (10g et 14g). Le WRRR en propose 8, du 7g finesse au 21g power. Si tu pêches la perche en canal étroit ET le brochet en lac profond, seul le WRRR couvre les deux situations.
Prix quasi identique : ~13€ pour les deux.
Les canaux hollandais encombrés. L’anneau soudé prend tout son sens ici. Sur des sessions où tu ramasses de l’herbe un lancer sur deux avec un chatterbait classique, le WRRR reste propre beaucoup plus longtemps. Le 10g M ou le 14g M en récupération linéaire le long des bordures, c’est son terrain de jeu naturel.
La pêche de la perche en finesse. Le WRRR S en 7g avec un petit NDL 35 est un micro-chatterbait que peu de marques proposent. Sur les canaux du nord de la France, les polders belges ou les rivières à perche, c’est une option que les fans du Noike Tiny Kashin connaissent, et les utilisateurs allemands de HechtundBarsch placent le WRRR S comme un concurrent direct, voire supérieur, grâce à sa spirale et son hameçon dégagé.
La prospection polyvalente en lac. Avec 8 grammages et 3 tailles, tu adaptes le WRRR à la profondeur, au vent, à la taille des proies locales. Un seul concept, zéro limite de gamme. Tu commences la session en 14g M le long de la berge, tu passes au 21g L quand les poissons descendent sur la cassure en milieu de journée, tu finis en 10g S pour les perches du soir dans les petites anses. Trois WRRR dans la boîte, toute la journée couverte.
La pêche du brochet en automne. Le 18g L ou le 21g L avec un gros trailer shad de 5-6 pouces — c’est le combo pour prospecter les cassures et les bordures profondes quand les brochets ont quitté le shallow. C’est un créneau que le Blade Blaster ne peut pas couvrir (limité au shallow) et que le JackHammer couvre mal en Europe (introuvable en 3/4 oz).
Le WRRR a une tête de chatterbait classique, ronde, avec le design caractéristique Nays (Pro Tackle Eyes, finition soignée). Ce n’est pas un profil de swim-jig effilé comme le Blade Blaster, ni un profil plat à centre de gravité bas comme le JackHammer.
En pratique, ça signifie que la capacité de pénétration dans les obstacles durs (bois mort, branches) est celle d’un chatterbait standard. L’anneau soudé aide dans les herbiers souples, mais ne changera rien face à un obstacle rigide.
La jupe du WRRR est constituée de franges en silicone, elles pulsent et ondulent à la récupération. C’est une approche différente des jupes nouées main du JackHammer ou de la jupe silicone ligaturée acier du Blade Blaster.
Pour la perche et le bass, c’est parfaitement adapté. Pour le brochet, la durabilité de la jupe face aux 700 dents d’un esox reste à évaluer sur le long terme. Il n’y a pas de ligature renforcée, c’est un point que les pêcheurs de brochet devront surveiller après les premières sessions.
Comme la grande majorité des chatterbaits, le WRRR n’a pas de weed guard. L’hameçon simple est exposé. C’est le choix standard de la catégorie, le JackHammer n’en a pas non plus. Mais ça signifie que dans les zones très encombrées (bois mort, souches), les accrochages sont inévitables.
Nays existe depuis 2019 et le WRRR depuis 2024. Les retours terrain existent, les avis sur HechtundBarsch.de sont positifs, la communauté germanique est enthousiaste, mais on n’a pas 10 ans de retours comme sur un JackHammer ou 15 ans d’historique comme sur les produits Illex. La durabilité à long terme (résistance de la blade, tenue de la spirale après des centaines de poissons, comportement de la jupe sur une saison) devra se confirmer dans le temps.
Le Nays WRRR est un chatterbait intelligemment pensé qui résout de vrais problèmes de terrain européen. L’anneau soudé anti-herbe est une innovation simple mais efficace que les marques américaines n’ont jamais jugé nécessaire de développer, parce que leurs conditions de pêche ne le demandaient pas. La spirale de fixation trailer libère l’hameçon et prolonge la vie du leurre souple. Les hameçons BKK sont un choix premium à ce prix. Et la gamme complète (8 grammages, 3 tailles) offre une polyvalence que ni le JackHammer ni le Blade Blaster ne peuvent égaler.
Est-ce que le WRRR détrône le JackHammer ? Non, la nage erratique et le startup speed du roi américain restent inégalés. Mais est-ce que le WRRR est le meilleur chatterbait disponible pour un pêcheur européen de carnassiers qui veut un leurre polyvalent, anti-herbe et abordable ? C’est un candidat très sérieux.
Si tu ne devais acheter qu’un seul modèle : le 14g en taille M, avec un Nays NDL 43 ou un Keitech Easy Shiner 4″ en trailer. C’est le grammage polyvalent, la taille polyvalente, le format qui couvre 80% des situations — de la perche de 30 cm au brochet de 80 cm. Ajoute un 7g S pour les sessions perche et un 18g L pour les sessions brochet d’automne, et tu as la trousse chatterbait la plus complète du marché européen pour moins de 40€.
Le WRRR porte bien son nom. Ça vibre, ça pulse, ça prend du poisson, et ça ne ramasse pas la moitié du canal au passage.
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